En relevant le défi d’organiser le deuxième sommet UE-Afrique, nous étions conscients de la responsabilité de concrétiser un idéal qui, bien que portugais à l’origine, a toujours assumé une dimension stratégique en ce qui concerne ses objectifs. L’année où nous célébrons le 50ème anniversaire de l’intégration européenne et, simultanément, le début des processus d’indépendance en Afrique, la tenue de ce deuxième sommet représente une initiative de toute l’Europe et, de la même façon, une initiative de toute l’Afrique.
Le cadre géopolitique dans lequel nous avons lancé ce processus en 2000, au Caire, s’est radicalement transformé. L’Union Africaine, accompagnée d’un instrument économique (NEPAD) a été créée, l’intégration européenne s’est approfondie, tant au niveau du nombre d’Etats-membres que de son ambition, la conjoncture internationale a été marquée par une mondialisation galopante, ainsi que par la croissante prise de conscience de l’interdépendance des acteurs pour faire face à de nouveaux défis communs, qui vont de la sécurité à l’environnement, des migrations à l’énergie.
A Lisbonne, nous avons réussi à mettre un terme à l’impasse de sept ans dans le dialogue politique au plus haut niveau. Tout en constatant les nécessités imposées par le virage des temps, africains et européens se sont assis à la même table pour jeter les bases d’un nouveau partenariat stratégique à l’échelle continentale, permettant d’aller au-delà la relation traditionnelle entre donateur/récepteur et ancrant sa nouvelle relation en principes, valeurs et objectifs communs, tels que la Paix, la stabilité, l’Etat de Droit, le progrès et le développement.
Ce sommet représente, en outre, une volonté de partager des responsabilités quant à l’exécution d’engagements fondamentaux pour les deux continents. Et ces engagements passent, notamment, par la réalisation des Objectifs du Millénaire, par la constitution d’une architecture de paix et de développement solide en Afrique, par le renforcement de l’intégration régionale et le raffermissement des liens économiques. Eux tous naturellement indissociables de la promotion de la bonne gouvernance et des Droits de l’Homme.
La valeur ajoutée du Portugal, en tant que pont de dialogue entre l’Europe et l’Afrique, s’affirme certainement par l’induction de la nécessité de transformer les risques en opportunités, valorisant la volonté de bâtir ensemble plutôt que la fatalité de refouler un passé souvent fait d’équivoques, injustices et contradictions.
Cette page tournée, qui découle de la projection d’une nouvelle dimension dans les rapports entre les deux continents, nous concerne tous, nous lie de la même façon et constitue une véritable responsabilité commune que nous devons maintenant accomplir.
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