
Un enseignant du collège Gilles de Chain, près de Maubeuge, dans les Vosges, a été placé 24 heures en garde à vue pour avoir donné une gifle à un élève de sixième qui l’avait insulté. Il a déclaré avoir eu « un comportement spontané après une action irrespectueuse ».
Cet événement arrive au moment où la commission qui planche sur une réforme de la condition des enseignants remet ses propositions au Gouvernement. La commission est présidée par le conseiller d’Etat Marcel Pochard, et compte Michel Rocard parmi ses membres. Ce dernier estime qu’il y a « un manque de reconnaissance des enseignants ». Le but de cette commission est ainsi de remotiver les professeurs, sans toutefois augmenter le budget du ministère de l’Education nationale.
Motiver les jeunes professeurs
Les titulaires d’un Capes commencent leur carrière avec 1.3 fois le Smic. Afin de les encourager, ils pourraient avoir droit à une prime de début de carrière. Par ailleurs, la formation à l’IUFM pourrait être davantage axée sur la pratique de la pédagogie et moins sur la théorie : aujourd’hui, un tiers des enseignants arrivent devant les élèves sans avoir reçu de réelle formation pédagogique. Les jeunes profs manquant d’expérience ne seront plus systématiquement envoyés en ZEP.
Evolution des carrières
Les enseignants qui souhaiteront évoluer dans leur carrière pourront profiter de passerelles vers le privé ou la fonction publique. Comme le programme Erasmus qui permet à des étudiants français d’aller passer une année à l’étranger, les professeurs pourraient aller enseigner dans un pays de l’Union européenne s’ils le souhaitent.
Temps de travail
Aujourd’hui, les professeurs du secondaire sont tenus à 18 heures de cours par semaine, et ce, 36 semaines par an. Mais, il n’est pas tenu compte du temps passé à préparer les cours, à corriger les copies, à participer aux conseils de classe ou aux réunions avec les parents. Tout ce temps travaillé pourrait être reconnu et payé sous la forme d’heures supplémentaires ou d’indemnités. La commission propose l’expérimentation de l’annualisation du temps de travail pour permettre plus de flexibilité. Un enseignant pourra travailler plus durant une période donnée, et être moins sollicité un autre moment.
Evaluation des enseignants
Un professeur peut attendre jusqu’à 10 ans avant être évalué par un inspecteur. La commission propose d’augmenter le nombre d’inspecteurs et surtout de changer le mode de notation. « Le système de notation ne marche pas, explique Michel Rocard. Tout le monde a la même note : 18 ou 19/20. » Les professeurs, dont le travail avec les élèves est jugé très satisfaisant, seraient mieux payés. L’ancien premier ministre défend le fait que les propositions ne prônent pas une rémunération au mérite. Mais il s’agit pour lui « d’améliorer la prise en compte de la performance dans le déroulement des carrières des enseignants ». Le chef d’établissement aurait enfin une responsabilité accrue en matière pédagogique.
Les syndicats se sont déjà prononcés contre une bonne partie des propositions de la commission. Le Snes affirme que « la commission est passée à côté du sujet. Nous attendions une revalorisation du métier, on nous répond annualisation du temps de travail et heures supplémentaires. » Michel Rocard a démissionné de la commission jeudi 31 janvier. En dénonçant « l’exploitation politique mensongère et manipulatrice » du travail de commission, alors que « le rapport n’était pas terminé ».
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