Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a accordé respectivement mardi un euro et 60.000 euros de dommages et intérêt à Nicolas Sarkozy et à sa femme Carla Bruni.
Ils avaient assigné pour atteinte au droit à l’image la compagnie aérienne Ryanair qui avait utilisé une photographie du couple pour une offre promotionnelle de billets.
Dans la soirée, l’avocat du couple, Me Thierry Herzog, a annoncé que Carla Bruni avait décidé de reverser ses 60.000 euros de dédommagement aux Restos du coeur. "Elle s’engage à reverser aux Restos du coeur l’intégralité des 60.000 euros, (...) n’ayant pu cette année participer au concert donné au profit de cette association", a expliqué Me Herzog aux agences de presse.
Si le président avait réclamé un euro de dommage et intérêts, son épouse, ex-mannequin et auteur-compositeur, demandait à l’origine 500.000 euros au titre du préjudice moral. Une somme correspondant au tarif moyen des droits d’utilisation de son image, avait fait valoir son avocat, Me Thierry Herzog.
"Avec Ryanair, toute ma famille peut venir assister à mon mariage", fait-on dire à la chanteuse, côte à côte avec Nicolas Sarkozy, dans cette publicité parue le 28 janvier dans "Le Parisien", condamné par ailleurs mardi à publier l’ordonnance de référé. Après avoir formulé des "excuses profondes et publiques", la compagnie low-cost s’était dite prête à accepter la publication d’encarts dans la presse et à verser une somme à une oeuvre de charité que le couple choisirait.
"J’avais demandé pour le président de la République la somme d’un euro qu’on m’a accordée et pour Carla Bruni une somme qui n’est pas allouée mais qui est 60.000 fois plus importante que celle que proposait la société Ryanair, qui offrait un euro de dommages et intérêt. C’est donc une décision satisfaisante", a commenté Me Herzog devant la presse.
A la publicité telle qu’elle est apparue dans le quotidien s’est ajouté "l’effet de buzz, c’est à dire toutes les connexions sur le Net, tout le rappel sur le Net de la publicité litigieuse, et donc un tirage qui n’est pas réservé uniquement aux lecteurs de ce quotidien mais qui s’étend dans des conditions considérables", a plaidé Me Herzog.
Me Francis Teitgen, l’avocat de Ryanair, voit une "grande nouveauté" dans l’ordonnance de référé. "Ce qui est sanctionné, c’est essentiellement l’effet de buzz", a-t-il estimé. "En d’autres termes, si Ryanair a pris la décision de publier une image sur un support, on se rend compte" qu’avec les "moyens modernes de communication", cette image "est infiniment plus répandue". "C’est ce à quoi on s’attendait", a-t-il commenté, en regrettant "un peu que l’humour de la situation n’ait pas été intégré".
Par la voix de son directeur de la communication Peter Sherrard, Ryanair a fait savoir qu’outre les 60.000 et un euros de dommages et intérêts, la compagnie entendait en verser 60.000 de plus à l’oeuvre de charité que choisira M. Sarkozy.
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