
Le Zimbabwe a accusé, lundi, son ancienne puissance coloniale, la Grande-Bretagne, d’avoir sabordé les négociations avec l’opposition, sous la médiation du président sud-africain, Thabo Mbeki.
Le chef de file de l’opposition Morgan Tsvangirai a refusé de participer à une première réunion face à face avec le président Robert Mugabe samedi, sous la médiation de M. Mbeki, recommandée par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et l’Union africaine (UA) pour apaiser les tensions post- électorales dans le pays.
Il a insisté sur le fait que la SADC et l’UA, qui ont désigné le président sud-africain comme médiateur, devraient désigner d’autres émissaires pour faciliter les négociations entre l’opposition et le gouvernement au Zimbabwe.
Le parti de M. Tsvangirai accuse M. Mbeki de prendre parti pour le gouvernement du Zimbabwe.
Mais le ministre de la Justice, Patrick Chinamasa, qui est impliqué dans les négociations entre les deux partis, a déclaré que le boycott par M. Tsvangirai des négociations de ce week-end avait été organisé par la Grande-Bretagne, qui soutient son parti.
Londres a publiquement proposé son soutien au leader de l’opposition, qu’elle considère comme le dirigeant légitime du Zimbabwe après qu’il a remporté le premier tour de l’élection en mars, mais d’une marge insuffisante pour réclamer la présidence.
M. Mugabe a par la suite remporté le second tour le 27 juin, après que M. Tsvangirai a refusé d’y participer.
"M. Tsvangirai n’agit plus par lui-même. Il reçoit des instructions contradictoires de ses conseillers. A moins que M. Tsvangirai se décide de se débarasser des Britanniques et des Américains, il sera difficile de trouver une solution à la crise politique du Zimbabwe", a déclaré M. Chinamasa.
"Au niveau de la ZANU-PF (le parti au pouvoir), nous sommes déçus que M. Tsvangirai, qui a demandé la tenue de cette réunion, ne se soit pas présenté.
"Le fait qu’il ne soit pas venu montre que quelqu’un lui dicte sa conduite", a-t-il déclaré.
M. Chinamasa a allégué que la Grande-Bretagne, qui s’oppose avec véhémence au gouvernement de M. Mugabe, avait nommé un agent des services secrets britannique -Andrew Chadwick- pour conseiller M. Tsvangirai.
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