Linternationalmagazine.com – De notre correspondant Sylvain Bouchon, publié le 28/07/2008
En visite à Bordeaux, pour le premier sommet Union européenne / Afrique-du-Sud, le président sud-africain, Thabo Mbeki, a défendu sa position contestée d’appui à Robert Mugabe, et reçu un soutien voilé de la part de l’UE.
Pour la première rencontre entre l’Afrique-du-Sud et l’Union européenne, il aura surtout été question du Zimbabwe. Fort critiqué pour sa médiation dans ce dossier, le président sud-africain Thabo Mbeki a défendu sa position contestée, ce matin, à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France.
« Personne n’a quitté la table des négociations. Il faut que l’on poursuive nos efforts », a-t-il asséné, alors que l’Union européenne réclamait mardi des sanctions contre le régime de Harare. Une hypothèse balayée par le chef d’Etat sud-africain, pour lequel le conflit au Zimbabwe constitue une affaire strictement africaine. « Nous n’avons jamais demandé à l’Union européenne de faire quoi que ce soit concernant les sanctions », a souligné Thabo Mbeki.
Pas de dialogue avec Mugabe
Nicolas Sarkozy, le président français et président en exercice du Conseil de l’UE, s’est empressé de calmer le jeu. « Nous soutenons la médiation courageuse du président Mbeki, parce qu’il n’y a pas d’autre solution dans l’immédiat, et que nous avons enregistré quelques progrès que nous saluons », a-t-il déclaré en référence au rapprochement entre Robert Mugabe et son rival Morgan Tsvangirai. « Je porte un jugement très sévère sur Mugabe et je ne parlerai pas avec lui », a ajouté le président français.
Faire davantage à l’OMC
Si le Zimbabwe fut un sujet de discussion animé – « la réunion s’est tout de même déroulée dans une bonne ambiance », confiait un diplomate participant au sommet – les autres thèmes abordés ont moins prêté à polémique entre Thabo Mbeki, Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne.
« Dans le cadre des négociations à l’OMC, la mission de l’Union européenne consiste à convaincre le monde d’aider l’Afrique, qui en a le plus besoin, a martelé Nicolas Sarkozy. On veut faire davantage pour ce continent. Non pas parce qu’on est voisins, mais parce que ces pays en ont le plus besoin. » Les Vingt-sept et l’Afrique-du-Sud ont en outre paraphé une déclaration relative à la lutte contre le réchauffement climatique, et une autre sur le développement du secteur privé en Afrique.
Concernant le message précédent : Faites s’il vous plait la part des choses entre le Mugabe libérateur (c’était en 1980) et le Mugabe dictateur.
Rhodésie ou Zimbabwe ?
On ne donne que la version des lobbying britanniques organisés pour défendre leurs intérêts en diabolisant Mugabe afin de précipiter sa chute. Mais on ne donne pas la version d’un Chris Mc Greal spécialiste de l’Afrique australe. Parce que l’on comprendra ceci :
Le gouvernement Britannique n’a pas respecté ses engagements pris lors de l’indépendance du Zimbabwe. Il se refuse à financer la redistribution des terres des fermiers blancs malgré les multiples réclamations de Mugabe. On lui oppose toujours une fin de non-recevoir.
Le statut des blancs est resté tel que dans l’ex-Rhodésie raciste. Ils continuent à traiter de la même manière leur personnel dont la situation n’a pas changé depuis l’indépendance .
Les fermiers blancs bénéficient de soutiens de groupes ex-nostalgiques de l’Empire pour déstabiliser le Zimbabwe afin de se débarrasser d’un Mugabe contestataire du statut quo colonial qui voulait mordicus redistribuer les terres aux noirs au détriment des ex-colons.
« how to get him out » (comment le faire partir) titre leur journal tout en misant sur le MDC à la faveur de l’ouverture démocratique.
Quand un président âgé, considéré comme ‘le père de l’indépendance’, qui tente une ouverture démocratique, décide subitement de refuser sa place en déclarant même que ‘seul Dieu peut la lui enlever’ c’est qu’il a décelé un ‘mécanisme sournois’ actionné par les ex-colons décidés à l’éjecter afin de perpétuer leurs privilèges pouvant faire ainsi de l’indépendance une « coquille vide ». On comprend qu’il préfère « Dieu » que les ex-colons. On comprend aussi que quand un ex-colonisateur s’ingère dans son ex-colonie c’est que l’esprit colonialiste prédateur persiste même pour des motifs humanitaires. Ce qui explique le soutien unanime des pays ex-colonisateurs qui brandissent toujours, par l’odieux chantage des « Droits de l’homme », ‘l’épée de Damoclès’ de sanctions « internationales » quand leurs intérêts souvent illicites se trouvent compromis. Avec les exemples de pays qui ont amorcé une ouverture démocratique et les ingérences sournoises que l’on connaît, chacun est maintenant convaincu que les sincères ‘principes humanistes’ (et non ces « fonds de commerce ») sont loin d’être ’admis’ par ces pays qui se considèrent « tuteur ». Démocratie de façade oui ! La Vraie non ! Car celle-ci « réservée » pour eux ne s’accommode pas avec leur stratégie hégémoniste.
Que dire à cet Occident néo colonialiste arrogant, habitué à dicter et non à écouter, à recevoir et non à donner, à imposer et non à conseiller, à menacer et non à dialoguer… ? Seulement qu’il est vain d’imposer quoi que ce soit par la force. L’Histoire en est témoin ! Que leurs érudits doivent faire changer radicalement d’approche et de stratégie pour permettre aux Etats, pourvoyeurs de matières premières sources du mal car tant convoité, d’amorcer sincèrement leur développement et de vivre en paix. On s’étonnera, alors, du formidable potentiel caché d’un continent connu pour sa sagesse et sa résistance à l’adversité.