5 juillet 2009
:: Union africaine
UpM : Jean Ping dit "non" au projet de Nicolas Sarkozy
Linternationalmagazine.com - Emile Fidieck, publié le 04/08/2008
Pour le chef de l’exécutif africain, le projet d’UpM de Nicolas Sarkozy vise la partition du continent et contredit les décisions des sommets de l’Union africaine stipulant que le continent africain est une unité intégrée sur les plans géographique, humain et politique et une unité indivisible.
UpM : Jean Ping dit "non" au projet de Nicolas Sarkozy

Connu pour la discrétion de ses positions diplomatiques, l’actuel président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping a pour une fois rompu avec sa réputation en affirmant lors de l’entretien qu’il a eu samedi soir avec Mouammar Kadhafi à Tripoli que le projet d’Union pour la Méditerranée du Président français Nicolas Sarkozy allait de pair avec les objectifs colonialistes visant toujours le partage de l’Afrique, selon une source officielle libyenne.

Pour Jean Ping, l’Union pour la Méditerranée vise la partition du continent africain et contredit les décisions des sommets de l’Union africaine à Banjul, en Gambie et à Khartoum, au Soudan, stipulant que le continent africain est une unité intégrée sur les plans géographique, humain et politique et une unité indivisible.

Dans ce contexte, l’homme fort de la Commission de l’Union africaine a annoncé l’opposition de la commission à de tels projets et souligné son appui total aux données évoquées par le guide libyen sur le projet de "l’Union pour la Méditerranée" et sur les dangers que ce projet représente pour le continent africain selon la même source.

Initialement, le projet d’Union méditerranéenne, défendu par Nicolas Sarkozy a pour but de relancer le partenariat entre le Nord et le Sud de la Méditerranée. Il s’agit, en quelque sorte de créer une deuxième union réservée aux Etats riverains de cette mer, basée sur la réalisation de projets concrets (dépollution de la Méditerranée, le co-développement et les pôles de compétitivité).

Mais le projet a susciter très vite l’hostilité des pays non riverains, notamment l’Allemagne qui craingnait d’être exclue du projet tout en ayant à y contribuer financièrement. A Hanovre, le 3 mars 2008, Nicolas Sarkozy négocie avec Angela Merkel son projet d’Union méditerranéenne. Pour obtenir l’assentiment des Allemands, il sera profondément modifié.

Une volonté implicite d’affaiblir l’Union africaine

A la demande de la chancelière allemande, le projet est ouvert à l’ensemble des membres de l’Union européenne. Suite à cet accord franco-allemand, les 13 et 14 mars 2008, le Conseil européen de Bruxelles approuve le principe d’une Union pour la Méditerranée qui englobera les Etats membres de l’UE et les Etats riverains de la Méditerranée qui ne sont pas membre de l’UE.

La démarche est mal appréciée par la plupart des dirigeants africains qui voient dans le projet de l’Union européenne une volonté implicite d’affaiblir l’Union Africaine. S’exprimant en marge d’une rencontre internationale sur les changements climatiques en Afrique organisée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAfD), le chef de l’Etat sénégalais Abdoulaye Wade, sera parmi les premiers chefs d’Etat à ouvrir les hostilités contre le projet phare de la "diplomatie sarkozienne" en déclarant que "L’idée d’une Union méditerranéenne, si elle se fait, va permettre à l’Afrique du Nord d’être arrimée à l’Europe…c’est une barrière qui isole l’Afrique au sud du Sahara et il faut que les Africains en soient très conscients".

Pour le plus ardent opposant au projet européen le libyen Mouammar Kadhafi, les pays arabes riverains de la Méditerranée concernés par ce projet appartiennent à un espace arabe sous le parapluie de la Ligue arabe et à l’espace africain sous l’égide de l’Union africaine (UA). Dans ce contexte, il faut plutôt soutenir les formules de coopération entre Bruxelles, capitale de l’Union européenne, Le Caire, capitale de la Ligue arabe, et Addis-Abeba, capitale de l’Union africaine. Or "la capitale qui gère ce projet (d’UpM) est Bruxelles et nous ne dépendons pas de Bruxelles" soutien le Colonel Kadhafi, lors d’un mini-sommet Arabe organisé à Tripoli pour marquer son opposition au projet d’UpM.

En affirmant ainsi son opposition au projet européen d’UpM, Jean Ping ne fait qu’officialiser une position actuellement dominante au sein de l’Union africaine.

Dernières réactions
Pierre Gouverneur
02.08.08 à 19:06
La véritable barrière entre l’Afrique et l’Europe n’est-elle pas la Méditerranée ? Devant cette réalité géographique, l’UPM ne devrait aucunement menacer les Etats d’Afrique, y compris ceux du Sud. L’association à l’UPM des pays d’Europe du Nord le prouve. L’UPM n’a aucunement pour objet d’affaiblir l’Afrique, et ne saurait aucunement avoir un objectif néo-colonolialiste, sinon dans l’imaginaire de ceux qui, non libérés d’avoir subis, attachés à la haine, refusent les faits du passé avec un esprit de revanche qui les aveugle, et qui leur assure aussi, parfois, leur renommée de guide... L’état de l’Afrique actuelle n’est aucunement le fruit de la période coloniale passée. Ne provient-elle pas surtout de ses dictateurs, de la corruption qui oppriment ses peuples ? L’initiative du Président de la France n’a rien d’un complot. Elle ne vise qu’à rapprocher les peuples pour qu’ils contribuent à l’amélioration des intérêts communs qui dépassent, il est vrai, la Mer bleue ..., comme le règlement du problème israëlo-palestinien. Mais il est vrai, aussi, que certains dirigeants ne voient qu’une seule résolution à ce problème : la disparition d’Israël. Ils oublient que Juifs et Palestiniens ont autrefois vécu ensemble, comme ils oublient qu’avant d’être colonisés par des pays européens, ils ont aussi été envahis par des Arabes, qui leur ont imposés, jusqu’à leur religion. Ils font même fi des tragédies meurtrières qu’ont connu récemment les pays européens, et qui montrent aujourd’hui leur souci de coopération, pour rejeter notamment les affrontements toujours stériles, au regard de l’idéal humain. La haine peut s’expliquer, sur l’instant, au moment du conflit. Ce dernier terminé, elle ne devient que mauvaise conseillère. La seule confrontation qui vaille est celle qui permet d’améliorer les relations. Pierre Gouverneur www.transrealisme.com (blog en constitution)
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