
En octobre 2007, 29 % des Wallons se disaient favorables à un rattachement de leur région à la France. Aujourd’hui, ils sont près de la moitié (49 %) à adhérer à ce scénario, pour l’instant fictif. Publié mardi dans les quotidiens belge Le Soir et français La Voix du Nord, le sondage [1] de l’institut Ipsos montre toutefois que 45 % des Wallons se montrent « plutôt », voire « pas du tout » favorables à ce rattachement. Mais après plus d’un an d’incertitude gouvernementale, cette hypothèse ne semble plus taboue.
A la Wallonie, les Français disent « I love you »
Sceptiques, les Wallons sont aujourd’hui 23 % à penser que la Belgique va disparaître (contre 16 % en octobre 2007). Si 59 % ne croient pas à l’éclatement du royaume, ils étaient 79 % à ne pas y croire neuf mois plus tôt. Un scénario qui reçoit l’adhésion manifeste, côté français. 60 % des sondés se prononcent pour le rattachement (contre 37 % pas favorables). Une tendance qui ne cesse de se préciser, puisque 54 % des Français se disaient favorables à ce dénouement en novembre 2007.
Un an de crise gouvernementale
Victorieux des élections fédérales de juin 2007, le néerlandophone Yves Leterme a mis neuf mois à former une coalition (deux partis flamands et trois partis francophones) à même de gouverner. Le premier ministre sortant, Guy Verhofstadt, assurant l’intérim de décembre à mars. Durant sa campagne, Yves Leterme avait revendiqué une plus grande autonomie pour la Flandre, région riche, que beaucoup de Flamands voudraient ne plus voir « supporter » financièrement la Wallonie, région francophone au chômage massif.
Point d’orgue de la crise gouvernementale : la démission remise par Yves Leterme à Albert II, le 14 juillet. « Les visions opposées des communautés concernant le nécessaire et nouvel équilibre [institutionnel, ndlr] à créer sont aujourd’hui inconciliables », a estimé le leader du parti chrétien démocrate CD & V, démissionnaire pour la troisième fois en quatre mois… et de nouveau reconduit dans ses fonctions par le roi des Belges.
10,5 millions de personnes, dont 60 % de Flamands néerlandophones et 40 % de francophones, vivent en Belgique.
[1] Sondage réalisé en France les 24 et 25 juillet auprès d’un échantillon représentatif de 955 personnes âgées de plus de 18 ans ; et en Wallonie du 18 au 22 juillet auprès d’un échantillon représentatif de 510 personnes âgées de plus de 18 ans. Pour ces deux échantillons, la méthode des quotas a été utilisée.
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