
Bashir Saleh, président du Libya Africa Portfolio Fund for Investment (LAP), a déclaré mardi à Nairobi que cette agence du gouvernement libyen cherchait à étendre ses activités sur le continent africain dans le cadre de ses efforts de création d’opportunités économiques viables. "Notre stratégie est d’investir dans les pays africains. Nous sommes devenus un investisseur majeur en Afrique. Nous croyons en la valeur ajoutée des matières premières dans le continent", a expliqué l’officiel libyen.
Le LAP, qui a récemment acquis le Grand Regency Hotel, un hôtel de luxe au Kenya pour 45 millions de dollars US, se dit prêt à faire face aux enquêteurs concernant son offre pour le rachat de cet hôtel et a insisté sur le fait qu’il a acquis ce bien dans le cadre d’une transaction transparente et claire, ayant respecté toutes les normes.
"Aucune ingérence politique dans les achats"
S’exprimant quelques heures après qu’un panel d’enquêteurs, présidé par l’ex-président de la Cour suprême, Majid Cockar, a tenu sa session inaugurale dans le cadre de son enquête sur la vente de cet hôtel, M. Saleh a tenu à préciser que la transaction s’est déroulée sans ingérence politique. "Nous avons acheté l’hôtel dans le cadre d’une transaction transparente. C’était une transaction économique judicieuse sans aucune ingérence politique. Notre objectif est de nous assurer que l’Afrique est en voie de se développer", a-t-il affirmé.
M. Bashir, un officiel libyen de haut rang, chef de cabinet du Guide libyen Muammar Kadaffi, est arrivé à Nairobi pour transmettre un message spécial au président kényan, Mwai Kibaki. M. Bashir a déclaré à la presse que sa rencontre avec le président kényan a porté essentiellement sur des questions de préoccupation mutuelle.
L’agence libyenne a été passée au crible par les médias kényans et les experts indépendants, qui s’interrogeaient sur la cession d’un hôtel cinq étoiles à une agence dans le cadre d’une transaction qui est restée secrète jusqu’à un mois après sa conclusion. Le ministre des Finances du Kenya, Amos Kimunya, a été contraint de démissionner en juillet après que son implication dans la vente de cet hôtel a été prouvée.
La raffinerie de pétrole du Kenya en ligne de mire
Toutefois, le Premier ministre kényan, Raila Odinga, a assuré les investisseurs libyens que malgré la mauvaise publicité autour de cette vente qui a été préjudiciable aux relations entre le Kenya et la Libye, le gouvernement kényan était toujours ouvert à davantage d’investissements libyens. Le LAP a récemment acquis les activités de Mobil Kenya, l’une des plus grandes firmes de distribution du pétrole et l’a transformé en un acteur majeur sur le marché.
Selon les autorités, leur intention est d’investir dans des projets dans lesquels le Kenya et la Libye sont gagnants quoi qu’il arrive, pourvu "qu’on puisse gagner de l’argent" de ces investissements. Le LAP prévoit aussi des investissements dans la raffinerie de pétrole du Kenya, mal en point, et a également exprimé son intérêt à devenir un actionnaire majeur dans le projet d’oléoduc Kenya-Ouganda.
"Nous avons déjà 30 hôtels en Afrique. Ma mission est de développer l’Afrique. Cet argent que nous investissons ici ne retournera pas en Libye. Il restera dans les différentes économies", a-t-il conclu.
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