21 novembre 2008
:: Présidentielle américaine
Pour McCain, Obama a "un drôle de nom et ne ressemble pas aux présidents américains..."
Linternationalmagazine.com, publié le 04/08/2008
Obama juge que son adversaire essaye d’effrayer les électeurs en relevant, dans un spot télévisé, qu’il a "un drôle de nom et ne ressemble pas aux présidents qui figurent sur les billets de un et cinq dollars".
Pour McCain, Obama a "un drôle de nom et ne ressemble pas aux présidents américains..."

La question raciale s’est invitée dans la campagne présidentielle américaine cette semaine, lorsque Obama a jugé que son adversaire essayait d’effrayer les électeurs en relevant, dans un spot télévisé, qu’il a "un drôle de nom et ne ressemble pas aux présidents qui figurent sur les billets de un et cinq dollars".

McCain a vivement réagi à cette remarque, accusant son adversaire de vouloir le faire passer pour un raciste et d’employer des méthodes électorales honteuses.

"Barack Obama a joué la carte raciale et il l’a prise sous le paquet. Cela crée des divisions, c’est négatif, honteux et faux", a répliqué le directeur de campagne du sénateur de l’Arizona, Rick Davis.

Pour Barack Obama, John McCain a fait preuve de cynisme, mais non de racisme, en tentant de semer le doute sur ses compétences. "Je ne pense nullement que la campagne de John McCain est raciste, je pense qu’elle est cynique. Je pense qu’ils veulent détourner les gens des vrais problèmes", a dit le sénateur de l’Illinois à des journalistes.

Né d’un père kenyan et d’une mère américaine blanche, le sénateur de l’Illinois est le premier candidat métis à la Maison-Blanche issu d’un des deux grands partis et disposant d’une chance de remporter le scrutin.

Ils veulent me faire apparaître comme un risque pour le peuple américain

Obama a affirmé vendredi, dans un entretien à la National Public Radio (NPR), ne pas penser que McCain avait soulevé la question raciale. "Je dirais que la façon dont ils ont amplifié ça est perturbante. Et l’empressement qu’ils ont mis à le faire indique qu’ils pensent pouvoir l’exploiter politiquement", a-t-il ajouté. "Mais ce que j’ai dit, ils l’ont dit eux-mêmes, c’est qu’ils veulent me faire apparaître comme un risque pour le peuple américain."

Deux autres spots du candidat républicain présentaient cette semaine Obama, l’un comme une célébrité superficielle comparable à Britney Spears ou à Paris Hilton, l’autre comme un candidat imbu de sa personne, se prenant pour le messie.

Obama a estimé que la race n’était qu’un des éléments utilisés par McCain pour susciter des craintes le concernant.

"Je suis jeune, je suis nouveau sur la scène nationale, mon nom est Barack Obama, je n’ai pas la biographie type d’un candidat à la présidence", a reconnu Obama.

"Cela signifie que [...] les gens essaient encore de se faire une idée sur qui je suis, sur d’où je viens. L’approche de la campagne de McCain est de dire ’il est risqué’".

La peur du criminel afro-américain

En 1988, George Bush père avait fait diffuser un spot à propos d’un noir jugé coupable de meurtre et avait rallié des voix sur son nom en convaincant les électeurs que son adversaire démocrate était moins sévère que lui avec les criminels afro-américains.

Certains électeurs considèrent la position favorable d’Obama dans cette présidentielle comme une preuve que les Etats-Unis ont surmonté l’esclavage, la ségrégation et l’interdiction du vote pour les noirs, explique Hutchinson, auteur d’un ouvrage sur la race et les élections présidentielles.

Mais dans le même temps, les sondages publiés pendant les primaires démocrates ont montré que la race était l’un des facteurs ayant conduit les ouvriers blancs de certains Etats clés, comme la Pennsylvanie, à se détourner de Barack Obama.

Sous la pression des sondages qui lui sont défavorables, MacCain a fait appel à d’anciens publicitaires de Karl Rove, ancien conseiller politique de George Bush. Obama y voit l’intention d’adopter une approche négative. "Ils sont très bons pour les campagnes négatives. Ils sont moins bons pour gouverner. Nous l’avons déjà vu", a conclu le candidat démocrate.

(avec Reuters)
Réagir à cet article
A lire également
Augmenter la taille du texte Réduire la taille du texte Imprimer l'article envoyer l'article par mail
 
Dans la même rubrique
 
 
Publicité