
John Major peut avoir le sourire : il n’est plus le « pire premier ministre » que les Britanniques ont « connu » depuis la seconde guerre mondiale. Dans un sondage BPIX [1] publié dimanche, un tiers des personnes interrogées placent désormais le travailliste Gordon Brown en tête du palmarès des premiers ministres les moins aimés.
Après une série de défaites lors d’élections locales et partielles, le parti travailliste est au plus bas dans les enquêtes d’opinion : le même sondage donne une large avance aux conservateurs (47 % contre 24 %) ; le Labour ne devançant les libéraux-démocrates (16 %) que de huit points. Une épreuve parmi d’autres pour le locataire du 10, Downing Street, qui doit répondre aux critiques de son propre camp.
Brown aurait commis une « confusion lamentable »
Dans un mémo publié dimanche par l’hebdomadaire The Mail On Sunday, attribué à Tony Blair lui-même et daté de l’automne 2007, l’ancien premier ministre de Sa Majesté regrette la « confusion lamentable entre tactique et stratégie » de son successeur. Si Tony Blair, en déplacement en Chine le jour de la publication, a réaffirmé son soutien « à 100 % » au gouvernement en place, il ne s’en prend pas moins à « la prétention et à la vacuité » de Gordon Brown, dans ce même document dont les destinataires restent inconnus.
La publication de ce mémo s’ajoute aux autres coups durs subis ces derniers jours par Gordon Brown. Dans une tribune publiée mercredi dans The Guardian, l’ambitieux David Miliband, ministre des Affaires étrangères, plaide pour « une nouvelle phase radicale », tout en faisant acte de candidature à la tête du Labour, un parti bien en peine depuis sa défaite cinglante lors de l’élection législative partielle de Glasgow-Est, fin juillet.
Une « promenade de santé » en guise de programme ?
Pour le député (Labour) Khalid Mahmood, il est « regrettable qu’à un moment où le parti tente de se rassembler, les amis de Tony Blair essaient de créer des tensions internes avec leurs fuites de mémos et leurs attaques personnelles contre Gordon ». Trois ministres ont également apporté dimanche leur soutien à l’actuel premier ministre.
Mais ces quelques marques de confiance suffiront-elles à conforter Gordon Brown au 10, Downing Street ? Un autre proche de Tony Blair, l’ancien ministre Stephen Byers, a qualifié dans The Observer la politique de l’actuel premier ministre de « promenade de santé », peu adaptée pour gagner le prochain scrutin face à des conservateurs qui se sentent pousser des ailes. Après avoir renoncé aux élections anticipées l’automne dernier, Gordon Brown doit organiser de nouvelles élections législatives d’ici mai 2010, terme du mandat de la Chambre des communes.
[1] Sondage BPIX réalisé pour The Mail On Sunday : 2.194 personnes interrogées entre le 31 juillet et le 2 août.
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