
Le deuxième sommet Union européenne-Afrique s’est terminé dimanche à Lisbonne après deux jours de travaux en adoptant la Stratégie commune UE-Afrique et le Plan d’action UE-Afrique.
Lors d’une conférence de presse tenue à l’issue du sommet, le Premier ministre portugais José Socrates, dont le pays assure la présidence de l’UE, a déclaré : "C’est un sommet entre égaux, nous avons élaboré une politique partagée."
Les documents liés à cette politique partagée ont été appréciés comme un succès de pierre angulaire par le président ghanéen John Kufuor dont le pays assure la présidence de l’Union africaine.
Un total de 80 chefs d’Etat et de gouvernement ou leurs hauts représentants des membres de l’UE et des pays africains participent à ce sommet ayant pour thème "Du caire à Listonne : le partenariat stratégique UE-Afrique".
Dans le cadre de ce partenariat, les dirigeants européens et africains ont notamment discuté de la paix et de la sécurité, du développement, du changement climatique, de l’énergie et de l’immigration, principaux points de la stratégie commune UE- Afrique, adoptée à la fin du sommet.
En plus de la stratégie commune, ils ont également adopté le Plan d’action UE-Afrique en huit points pour les trois prochaines années, accompagné également des mécanismes d’application concrets.
Les huit points comprennent les partenariats UE-Afrique pour la paix et la sécurité ; sur la gouvernance démocratique et les droits de l’Homme ; le commerce et l’intégration régionale ; les Objectifs du Millénaire pour le développement ; l’énergie ; les changements climatiques ; les migrations, la mobilité et l’emploi ; les sciences, la société de l’information et l’espace.
Bien que les dirigeants des deux parties aient adopté les deux documents, il existe toutefois une grande divergence entre l’UE et l’Afrique lorsque les deux parties mettent en exergue des questions susmentionnées.
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a indiqué lors de la conférence de presse à l’issue du sommet que les dirigeants de l’UE et de l’Afrique ont échangé des points de vue, mais il existe des divergences dans une certaine mesure.
Si l’UE et l’Afrique partagent beaucoup de valeurs importantes, qui sont introduites dans la Stratégie conjointe adoptée à la fin du sommet de Lisbonne, elles n’ont certainement pas les mêmes priorités.
L’UE attache une grande importance à la bonne gouvernance, aux droits de l’Homme et à l’immigration illégale, tandis que l’Afrique s’intéresse plutôt au développement.
Les deux continents doivent encore résoudre des problèmes dans leurs relations commerciales. Les traitements privilégiés traditionnels accordés par l’UE aux pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) doivent être remplacés par les Accords de partenariat économique (APE) dans le courant de l’année comme les premiers ont été déclarés illégaux par l’Organisation mondiale du commerce.
Mais jusqu’ici, une minorité de pays africains ont conclu les APE avec l’UE, beaucoup de pays africains craignant que les nouvelles règles, basées sur l’ouverture du marché, conduisent à un afflux de produits européens. Lors de ce sommet, les dirigents européens et africains ne sont pas parvenus à un consensus sur cette question.
Le sommet de Lisbonne a eu lieu sept ans après le premier sommet UE-Afrique du Caire en 2000 en raison de l’opposition de la Grande-Bretagne à la participation du président zimbabwéen Robert Mugabe.
Ce dernier est venu participer au sommet de Lisbonne sur l’invitation de la présidence portugaise de l’UE. Du fait de la présence de M. Mugabe, le Premier ministre britannique Gordon Brown a annoncé son boycott de ce sommet.
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