
Devant une centaine de journalistes, venus uniquement pour cette nageuse exceptionnelle, Du Toit a affiché un large sourire et répété ce qu’elle n’a cessé de dire depuis sa qualification, acquise en mai : « Participer aux JO est un rêve devenu réalité. Ce message s’adresse à tout le monde : il faut travailler dur pour que vos rêves deviennent réalité », a souligné l’athlète, qui donne des cours de motivation dans les écoles et les églises sud-africaines.
Seizième, Du Toit a mis sa déception de côté pour penser, déjà , aux Jeux de Londres en 2012, où elle pourrait devenir le premier athlète handicapé à décrocher une médaille olympique depuis 1952 et l’or du tireur hongrois Karoly Takacs, amputé de la main droite.
Un nouveau défi pour la nageuse de 24 ans, qui vient d’accomplir en Chine un rêve d’enfant qu’elle poursuit depuis l’âge de six ans et qu’elle n’a jamais abandonné, malgré le tragique accident de la route qui lui a coûté sa jambe gauche. Elle venait d’avoir 17 ans lorsqu’une voiture a percuté le scooter sur lequel elle circulait, alors qu’elle quittait l’entraînement pour aller à l’école, au Cap.
La brasse avant le fond
Les médecins ont dû se résoudre à procéder à une amputation à hauteur du genou. Trois mois plus tard, la graine de championne reprenait l’entraînement dans la douleur mais avec foi en son destin. En 1998, elle s’était qualifiée pour les Jeux du Commonwealth et avait manqué de peu sa qualification pour les JO 2000. Quelques mois plus tard, c’est l’accident. En 2001, elle repart de zéro et s’essaye d’abord à la brasse, mais son handicap ne lui permet pas de nager correctement. Elle s’oriente alors vers les distances de fond, où le travail des jambes est moins important.
Natalie développe puissamment le haut de son corps et progresse grâce à la force de ses bras. En 2002, elle prend part à la finale du 800 m libre des Jeux du Commonwealth, une première pour une invalide. La suite de son parcours n’est que travail et récompenses. La Sud-Africaine, qui utilise une prothèse pour marcher, a récolté cinq médailles d’or et une d’argent aux Jeux paralympiques en 2004.
« Le négatif en positif »
« Il s’agit de tourner le négatif en positif, a-t-elle simplement expliqué. Vous devez toujours garder vos rêves en tête et ne jamais les abandonner. »
Avant de plonger hier pour deux heures de course ardue où tous les coups sont permis, Du Toit a versé une larme, tellement émue d’être une athlète olympique.
« Lorsque je suis dans l’eau, cela fait partie des rares fois où j’oublie ma jambe et que je me sens complètement libre », a confié la nageuse, qui a reçu le plus bel honneur en étant désignée porte-drapeau lors de la cérémonie d’ouverture.
Elle poursuivra sa route à Pékin lors des Jeux paralympiques, où elle sera en lice sur six épreuves (6-17 septembre).
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