
La France a qualifié vendredi d’"inacceptable" l’arrestation la veille du Premier ministre "constitutionnel" et légitime de Mauritanie, Yahya Ould Ahmed Waqef, et réclamé sa libération "inconditionnelle et immédiate". "Nous demandons la remise en liberté immédiate du président de la République, du Premier ministre et des ministres retenus".
La France continue de qualifier la junte au pouvoir en Mauritanie de "régime putschiste" et refuse implicitement de reconnaitre la légitimité du nouveau Premier Ministre des "putschistes" : Ould Mohamed Laghdaf. Cellui ci a été nommé en début de semaine dernière par le le général Ould Abdel Aziz, auteur du coup d’Etat en Mauritanie et actuellement à la tête d’un Haut conseil d’Etat composé de 11 militaires.
"Le Président Abdallahi a été élu démocratiquement en mars 2007. Il est le président légitime de la Mauritanie", selon le communiqué de l’Elysée. "La France met fermement en garde les auteurs du coup d’Etat qui pourraient faire l’objet de mesures à leur encontre dans l’hypothèse où un retour à la légalité constitutionnelle ne serait pas rapidement assuré".
"Nous appelons à un retour dans les plus brefs délais à l’ordre constitutionnel, avec comme préalable impératif la remise en liberté immédiate et le rétablissement dans ses fonctions du président (Sidi Ould Cheikh) Abdallahi, élu démocratiquement en mars 2007", a souligné vendredi un porte-parole du Quai d’Orsay.
Il a ajouté que l’ambassadeur de France à Nouakchott avait pu s’entretenir jeudi soir avec le président Abdallahi, toujours en résidence surveillée.
La police du régime putschiste de Nouakchott a arrêté le Premier ministre alors qu’il tentait de participer dans la ville portuaire de Nouadhibou (nord) à une manifestation contre les auteurs du coup d’Etat militaire du 6 août. Selon un membre de sa famille, le chef du gouvernement déchu a été assigné à résidence dans sa localité natale d’Achram, à 550km à l’est de la capitale Nouakchott. Cette information a été confirmée par un responsable de la police mauritanienne qui a requis l’anonymat.
La communauté internationale unanime contre les putschs
Rappelant que la communauté internationale est "unanime dans sa condamnation du coup de force et dans ses demandes", le porte-parole a indiqué que la France soutenait la proposition du commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, Louis Michel, d’ouvrir des consultations en vue d’une possible suspension de l’aide européenne à la Mauritanie.
"Nous apportons également notre soutien à la mission de Jean Ping, président de la commission de l’Union africaine, qui se rendra lundi 25 août à Nouakchott", a-t-il ajouté, appelant la junte militaire et les responsables politiques mauritaniens à coopérer au plus vite avec la communauté internationale "afin de trouver une solution rapide à la crise".
"Nous suivons très attentivement l’évolution de la situation. L’absence de retour à la légalité constitutionnelle aura nécessairement des conséquences sur les relations de la Mauritanie avec ses principaux partenaires, y compris l’Union européenne", a encore averti le porte-parole.
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