
Le candidat du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), principal parti d’opposition du Zimbabwe, a remporté lundi l’élection à la présidence du parlement, infligeant un revers au président Robert Mugabe dans un contexte de lutte féroce pour le pouvoir.
Lovemore Moyo, président du MDC, a rallié les suffrages de 110 députés sur 210, écartant sans peine le candidat d’une faction dissidente du MDC soutenu par la Zanu-PF de Mugabe.
C’est le plus haut poste obtenu par l’opposition depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980. Le président du parlement est chargé de diriger les débats contradictoires et peut assumer la charge présidentielle en cas d’incapacité des deux premiers suppléants que sont le vice-président et le président du sénat.
Certains membres de la Zanu-PF auraient soutenu le candidat du MDC
Cette dernière fonction est revenue à un représentant de la Zanu-PF de Mugabe, majoritaire à la chambre haute. L’équilibre politique sera précaire, puisque la Zanu-PF conserve ainsi la possibilité de faire barrage aux lois que pourrait adopter le parlement.
La victoire de l’opposition au parlement montre cependant que certains membres de la Zanu-PF ou de la faction dissidente ont soutenu le candidat du MDC, bien que le parti présidentiel ait donné pour consigne de voter pour le candidat dissident, selon des responsables.
Le parti de Morgan Tsvangirai, adversaire de Mugabe à la présidentielle, a remporté les législatives de mars avec un seul siège d’avance sur la Zanu-PF - 100 contre 99. Les dissidents du MDC disposent de dix sièges et le parlement compte un indépendant.
Des négociations toujours dans l’impasse
Les deux partis sont actuellement en pourparlers sur la formation d’un gouvernement d’union, mais les entretiens sont dans l’impasse. Tsvangirai, chef de file du MDC, attribue leur échec au refus de Mugabe de céder une partie de ses prérogatives, alors que le président zimbabwéen accuse son opposant de vouloir réduire à néant son autorité.
Ces négociations doivent permettre de mettre un terme à la crise politique née d’une élection présidentielle marquée par des violences qui ont conduit Tsvangirai, arrivé en tête au premier tour, à se retirer avant le second en invoquant la sécurité de ses partisans - dont une centaine ont été tués.
Deux députés du MDC arrêtés
De nouveaux incidents se sont produits lundi avant l’investiture du nouveau parlement, lorsque la police a arrêté deux députés du MDC alors qu’ils entraient dans le bâtiment, selon leur parti.
L’opposition avait menacé d’empêcher la tenue de l’élection à la présidence du parlement et dénoncé la nomination par Mugabe de nouveaux parlementaires, l’accusant de compromettre les pourparlers sur le partage du pouvoir.
L’un des deux élus interpellés, Shuwa Mudiwa, a été remis en liberté et a pu prêter serment, a rapporté un journaliste de Reuters. Un troisième parlementaire a été protégé contre la police par d’autres élus.
Les autorités, de leur côté, n’ont pas fait de commentaires après ces arrestations. Peu après les élections de mars, la police avait annoncé qu’elle poursuivrait plusieurs responsables du MDC, les accusant de meurtres, de viols et d’autres violences en marge des élections.
Le président zimbabwéen entend officiellement ouvrir mardi la nouvelle session parlementaire. L’opposition affirme que cette décision risque de torpiller les négociations politiques en cours.
(Avec Reuters)
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