
Marina Petrella ne sera pas renvoyée en Italie. Le président Nicolas Sarkozy a fait annuler le décret d’extradition visant l’ancienne membre des Brigades rouges en raison de l’état de santé de cette dernière, a annoncé l’Elysée dimanche. (Publicité)
La présidence a confirmé l’information du "Journal du Dimanche" (JDD), commentée sur RTL par la fille de l’ex-activiste, Elisa Novelli, ainsi que par l’avocate de l’intéressée, interrogée par l’Associated Press.
La présidence française explique dans un communiqué que la décision relève d’une "mesure individuelle" motivée par l’avis des médecins selon lesquels "la dépression profonde dont (Mme Petrella) souffre est susceptible de mettre en cause son pronostic vital".
"C’est pourquoi le président de la République a demandé au Premier ministre de faire application de la clause humanitaire de la convention d’extradition de 1957 et de rétracter le décret d’extradition la concernant." L’Elysée assure que cela "n’atténue en rien l’engagement de la France en matière de lutte contre le terrorisme ainsi que sa coopération avec les autres démocraties dans ce domaine".
Un grand soulagement selon la famille
"C’est un grand soulagement", a déclaré Elisa Novelli à RTL, soulignant que sa mère, hospitalisée à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, était "extrêmement faible". "La décision a été notifiée hier (samedi). Elle (Marina Petrella) le sait. Elle a beaucoup pleuré, elle a tremblé", a déclaré Me Irène Terrel lors d’un entretien téléphonique avec l’AP. Saluant "une décision très importante", l’avocate a ajouté que sa cliente, âgée de 54 ans, se trouvait dans "un très mauvais état de santé, à la fois physique et psychique".
Mardi, la cour d’appel de Versailles avait ordonné la remise en liberté de Marina Petrella pour raisons de santé. Le 3 juin, le Premier ministre, François Fillon, avait signé le décret d’extradition de l’ex-brigadiste vers l’Italie. Le recours devant le Conseil d’Etat, désormais sans objet, devait être examiné mercredi, selon le "JDD". Le 10 juillet, Nicolas Sarkozy avait annoncé avoir écrit au président italien Giorgio Napolitano et au chef du gouvernement Silvio Berlusconi pour leur demander la grâce de Mme Petrella, toujours en raison de son état de santé.
Marina Petrella a été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d’appel de Rome le 6 mars 1992, pour avoir tué un commissaire de police et grièvement blessé son chauffeur à Rome en 1981, ainsi que pour d’autres attentats. Mère de deux enfants, dont la dernière est âgée de dix ans, elle a été arrêtée fin août 2007 en France, où elle résidait depuis les années 90, se pensant protégée par l’asile de fait accordé par la France aux réfugiés italiens depuis 1981.
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