
Alors que sa présidence du Conseil de l’Union européenne s’achève dans quarante jours, Nicolas Sarkozy envisage sérieusement de rester à la tête du bloc régional, au moins un an de plus.
Le chef de l’État français veut s’appuyer sur les conséquences de la crise géorgienne, puis l’effondrement des places boursières mondiales, pour se rendre incontournable dans l’année à venir… au moins au niveau de la zone euro qu’il ambitionne de présider, à la place du premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, qui préside l’Eurogroupe au Conseil des ministres des finances.
Plusieurs argumentations sont actuellement mises en avant par la diplomatie française pour justifier cette démarche ambitieuse de Nicolas Sarkozy. Le non des Irlandais, lors du référendum de ratification du traité de Lisbonne rend inapplicable le principe d’une présidence stable du Conseil, renouvelé tous les deux ans et demi. Le 1er janvier prochain, ce sera donc à la République tchèque d’assurer la marche de l’UE, alors que l’ancien pays du bloc soviétique a deux eurosceptiques à sa tête : Vaclav Klaus et Mirek Topolanek. Au second semestre, les Suédois doivent prendre le relais de la présidence… sans toutefois faire partie de la zone euro.
Une mission économique plus ambitieuse pour l’Euroland
La guerre de Géorgie et la crise financière n’ayant été surmontées – en partie – que grâce à une présidence forte de l’Europe, Nicolas Sarkozy ambitionne de résoudre le problème de la présidence tournante, en présentant une feuille de route en décembre. Pour le chef de l’Etat français, il sera en effet possible de « contourner » les Tchèques, et les Suédois, en se réunissant, non pas au niveau des Vingt-sept, mais au niveau des seize dirigeants de la zone euro… Comme ce qui s’est produit le 12 octobre, avant le Conseil européen.
"La seule réunion des ministres des finances n’est pas à la hauteur de la gravité de la crise", a expliqué Nicolas Sarkozy devant les eurodéputés. Selon lui, seuls les chefs d’Etat et de gouvernement ont été à même de pouvoir décider d’un plan de sauvetage de 1 800 milliards d’euros, permettant de tourner la page dans la crise financière. En fait, la réunion périodique de cette instance de l’Euroland pourrait constituer un "gouvernement économique" de la zone euro.
Réticence de l’Allemagne
Autre argument soulevé par Nicolas Sarcozy, la Commission arrive en bout de mandat, avant les élections européennes, en juin 2009. Un contexte peu favorable à l’action et un comble pour le président français qui ne veut pas « laisser revenir sur une Europe volontariste ».
La France pourrait ainsi continuer d’exercer la présidence au niveau de la zone euro, jusqu’à ce que la présidence de l’Union revienne à un pays doté de la monnaie unique, ce qui sera le cas le 1er janvier 2010, avec l’Espagne. Ce ne serait d’ailleurs pas une première. Les Belges ont dirigé, un an durant, l’Eurogroupe, en 2001, suppléant la présidence suédoise. Les Grecs avaient également remplacé les Danois en 2002 .
Reste à régler quelques modalités institutionnelles. Et à recevoir l’aval d’Angela Merkel… qui selon des sources diplomatiques proches de la chancelière allemande, reste encore très réticente à la démarche française.
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