
"C’est un scandale", dit Maya Surduts, du Collectif national pour les droits des femmes. "Les employeurs peuvent s’en servir, faire une pression intolérable sur les femmes", dit-elle encore, craignant une incitation à "s’asseoir sur les conquêtes, les acquis", dans une période où ils ont tendance à être "remis en question".
Florence Montreynaud, présidente de l’association des "Chiennes de garde" et mère de quatre enfants, souligne, "scandalisée", que les femmes ont besoin de ce congé "pour se reposer". Historienne, elle rappelle les luttes pour le congé de maternité. "Dopée à l’adrénaline du pouvoir", la ministre reproduit "l’exploit monstrueux des ouvrières des années 20, dont 20% accouchaient à l’usine". Elle regrette qu’une telle attitude divise le monde des femmes en "superwomen" et "mauviettes".
Le bébé a besoin de l’odeur de sa mère
Marie-Pierre Martinez, secrétaire générale du Planning familial, regrette que l’on fasse "porter le chapeau" à Rachida Dati. Dans une société où les normes restent "très masculines", elle "n’avait pas le choix", dit-elle : "elle jouait la poursuite de sa carrière" car dans les sphères du pouvoir "l’absence équivaut à une manière de se mettre hors du système".
"C’est un peu triste, un bébé a besoin de l’odeur et du son de sa mère", souligne une jeune mère, Maïwenn. "Elle a un poste hyper important, elle n’a pas le choix si elle veut le garder", convient-elle. Evidemment, "elle ne s’occupe pas de son bébé la nuit, elle serait trop fatiguée le jour, et elle ne l’allaite pas ce qui est la seule chose qui me choque", ajoute-t-elle.
"pas de contre-indication physiologique"
"La grossesse n’est pas une maladie", note le Dr Georges-Fabrice Blum, vice-président du collège national des gynécologues obstétriciens (CNGOF), pour qui il n’y a "pas de contre-indication physiologique" à revenir très vite au travail.
Il souligne aussi que les techniques actuelles de césarienne sont "beaucoup moins invalidantes sur le plan de la reprise du travail" : "on ne referme plus le péritoine comme avant, la femme dès le lendemain a l’impression d’avoir accouché normalement, les douleurs n’existent quasiment pas". Il prône néanmoins un repos "au minimum de trois semaines ou un mois".
Mme Dati a donné naissance vendredi dernier par césarienne à une fille, prénommée Zohra, et a repris ses tâches de ministre mercredi, jour même de sa sortie de la clinique. Le congé de maternité, pour un salarié, est en France de seize semaines, généralement six avant la naissance et dix après. Mais étant ministre Mme Dati n’est pas soumise au code du travail, recevant non un salaire mais une indemnité.
La commission européenne vient de proposer d’allonger à 18 semaines les congés de maternité, y voyant "un investissement permettant aux Européens de mieux organiser leurs vies".
Dernières réactions
A lire également- Jacques Chirac mordu par son chien Sumo
- Carla Bruni-Sarkozy : un an de mariage, une image assagie et une influence grandissante
- Violences conjugales : Joey Starr écope de trois mois de prison ferme
- Prince Harry et Chelsy Davy : la rupture amicale
- Gérard Depardieu veut quitter la France pour l’Italie
- Samy Naceri de nouveau en garde à vue pour une agression au couteau
- Rachida Dati accouche avec 15 jours d’avance
- Repos de Noël : Nicolas et Carla Sarkozy au Bahia





Publicité