
"La Turquie sera membre à part entière de l’UE ou pas du tout", a tranché Egemen Bagis, le négociateur en chef de la Turquie pour l’adhésion à l’Union européenne, dans un entretien publié dans Le Monde daté de samedi.
Par cette déclaration, la Turquie annonce clairement qu’elle rejette le projet de "partenariat privilégié" prôné par Nicolas Sarkozy comme alternative à l’intégration et affirme que ce statut qui n’a pas de base légale ne sert qu’a des fins électoralistes.
Nous sommes déjà dans l’Europe
"Ce statut de "partenaire privilégié" n’a aucune base légale sinon nous le serions déjà ", ajoute-t-il en invoquant que la Turquie, avec ses cinq millions de ressortissants sur le territoire de l’UE, est "déjà dans l’Europe (...) L’Europe a besoin de la Turquie, au moins autant que la Turquie a besoin de l’UE". Pour lui, la Turquie peut aider l’UE à résoudre les problèmes des décennies à venir comme la sécurité énergétique, la défense, le trafic d’êtres humains, l’intégration des immigrants, la crise économique, le terrorisme ou l’islamophobie.
"La Turquie sera membre à part entière de l’UE ou pas du tout. Il n’existe pas d’intermédiaire. Ce statut de ’partenaire privilégié’ n’a aucune base légale sinon nous le serions déjà . Nous sommes dans l’union douanière et dans les institutions européennes. Plus de cinq millions de Turcs vivent dans les pays membres. Nous sommes déjà dans l’Europe" a déclaré le négociateur.
Une posture électoraliste
Partisan d’une accélération du rythme des réformes Egemen Bagis qui incarne l’aile libérale du parti AKP au pouvoir, regrette ce qu’il présente comme une posture électoraliste. "Malheureusement, en période de campagne, certains politiques utilisent des arguments qu’ils n’ont pas besoin d’utiliser. Les leaders européens devraient se concentrer sur la manière de résoudre nos problèmes communs", explique le négociateur.
Le président français et la chancelière allemande ont en effet réaffirmé pendant la campagne pour les élections européennes du 7 juin, dont ils sont tous deux sortis vainqueurs, leur opposition à l’adhésion de la Turquie, pour laquelle les négociations ont pourtant commencé en octobre 2005.
Les négociations ont été freinées par le blocage de certaines réformes en Turquie et, surtout, huit chapitres des pourparlers n’ont pu être ouverts en raison de l’occupation par les troupes turques d’une partie de Chypre, membre de l’UE.
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