
Affichant la préparation des autorités à l’épidémie à la veille de la rentrée, une cellule de crise pandémie grippale élargie s’est réunie jeudi au ministère de l’Intérieur, avec pas moins de sept ministres ou secrétaires d’Etat.
Au côté du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, qui accueille la cellule dans son ministère, il y avait la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, du Travail Xavier Darcos, de l’Education nationale Luc Chatel, les secrétaires d’Etat Marie-Luce Penchard (Outre-mer), Nadine Morano (Famille et Solidarité) et Nora Berra (Aînés).
"Il est clairement de notre responsabilité de nous préparer, dès à présent aux différents scénario", a lancé devant la presse M. Hortefeux. "Considérer que le gouvernement en fait trop, ce sont des propos totalement irresponsables", a-t-il dit d’emblée en réponse à certaines critiques.
Mme Bachelot est entrée dans le vif du sujet en annonçant que la France avait "reçu les premiers vaccins en quantités limitées" ce jeudi sans préciser leur provenance ni leur nombre, "pour des raisons de sécurité". Mais, a-t-elle dit, "il n’est pas question de les administrer sans autorisation de mise sur le marché" (AMM).
Elle a seulement confirmé avoir fait appel au laboratoire américain Baxter, en plus des laboratoires français Sanofi-Pasteur, suisse Novartis et britannique GlaxoSmithKline. Baxter, qui a terminé en juillet la production des premiers lots de vaccins, utilise un processus de fabrication plus rapide mais plus coûteux.
Un milliard d’euros de commande
"Nous avons réservé 94 millions de doses de vaccins", a rappelé la ministre, affirmant que la France disposerait de "plusieurs millions de doses à la mi-octobre, période où les AMM seront délivrées". La totalité de la commande reviendra à un milliard d’euros.
Le vaccin, en deux injections, sera délivré gratuitement, selon la circulaire envoyée la semaine dernière aux préfets. Le plan de vaccination prévoit au moins trois centres de vaccination par département et des équipes mobiles se déplaçant dans les établissements scolaires.
Mme Bachelot a réitéré que la vaccination ne serait pas obligatoire, même si les commandes de vaccins seront susceptibles de couvrir les besoins de toute la population. En Outre-mer, quelque 100.000 personnes ont été touchées à ce jour par le virus, qui y a causé la mort de 10 personnes, a dit Mme Penchard. L’Outre-mer est situé pour une bonne part dans l’hémisphère sud, où l’hiver est propice à la grippe.
Parmi ces 10 décès, deux sont seulement "possiblement liés" à la grippe H1N1 à la Réunion, où Mme Penchard se rend vendredi et samedi avec Mme Bachelot.
M. Hortefeux s’est réjoui que la France ait été "moins exposée" que d’autres pays au virus, du fait d’une stratégie d’"endiguement", d’"anticipation" et d’"adaptation". Plusieurs millions de doses de vaccins contre la grippe H1N1 seront disponibles à la mi-octobre, a annoncé la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.
Mais comme le soulignait jeudi le professeur britannique de virologie John Oxford, la France pourrait souffrir davantage que la Grande-Bretagne cet hiver, justement parce qu’elle est "peu touchée pour le moment", et donc peu immunisée.
Evoquant les querelles d’experts autour des mesures à prendre et du développement de la pandémie, Mme Bachelot a estimé dans un sourire que les crises sont "propices aux débats, aux extrémismes, aux prophètes, aux querelles d’ego". Il faut prendre cela "avec un certain self-control", a dit la ministre.
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