12 mars 2010
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Mauritanie : l’esclavage de négro-africains se renforce
Linternationalmagazine.com, publié le 06/11/2009
"Il existe en Mauritanie toutes les formes d’esclavage : travail des enfants, travail domestique, mariages d’enfants et trafic d’être humains", constate aujourd’hui l’ONU. Des pratiques ancrées dans une solide tradition de maîtres arabo-berbères possédant ou exploitant la communauté négro-africaine.
Mauritanie : l'esclavage de négro-africains se renforce

Bien qu’il ait été aboli en 1981, l’esclavage en Mauritanie continue d’exister et se renforce. Cette traite concerne les descendants des Noirs asservis il y a des générations qui sont appelés aujourd’hui "Maures noirs" ou Haratines en Mauritanie et travaillent en partie encore comme esclaves pour les "Maures blancs", ou Bidhans.

On ne connait pas exactement le nombre des esclaves dans ce pays, mais on estime qu’ils sont des centaines de milliers de noirs encore esclaves en Mauritanie. L’experte de l’esclavage moderne Kevin Bales estime que la proportion d’esclaves dans la population totale est la plus haute du monde.

Les ONG mauritaniennes de défense des droits de l’homme évaluent à 18%, sur une population totale d’environ trois millions, le nombre d’habitants de ce pays semi-désertique vivant dans l’esclavage, une pratique ancrée dans une solide tradition de maîtres arabo-berbères possédant ou exploitant la communauté négro-africaine.

Le 8 août 2007 le Parlement du pays a adopté une loi criminalisant l’esclavage, puni de dix ans d’emprisonnement. "La législation n’est qu’un simple chiffon de papier si elle n’est appliquée dans les faits", fait savoir l’émissaire de l’Onu qui invite les pouvoirs publics à étoffer l’arsenal législatif existant par des lois spécifiques propres aux pratiques en matière de travail, de citoyenneté et d’immigration.

Boubacar Messaoud, du groupe de pression anti-esclavagiste SOS Esclaves, s’est réjoui des conclusions du rapporteur spécial des Nations unies. "Le fait qu’elle reconnaisse ces réalités est un motif de satisfaction pour nous. Cela nous aidera à convaincre les autorités de lutter contre ce problème".

Lors d’une conférence de presse, Gulnara Shaninian a indiqué que la législation de 2007 criminalisant cette pratique n’est pas correctement appliquée dans les faits. Selon elle, les victimes ne sont pas incitées à dénoncer publiquement les abus subis.

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