
Le conseiller spécial de l’Elysée Henri Guaino s’est dit aujourd’hui "insensible à toute forme de recadrage" assurant que le Premier ministre François Fillon ne lui avait "rien dit" au sujet de sa position sur le grand emprunt. "A 52 ans, je suis insensible à toute forme de recadrage, d’où qu’elle vienne, le Premier ministre n’a pas cité mon nom et ne m’a rien dit", a déclaré Henri Guaino sur Europe 1.
Dans une interview au Monde daté d’aujourd’hui, François Fillon a invité chacun à "rester à sa place" au sujet du montant du grand emprunt, visant implicitement le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, partisan d’un montant élevé.
"Je n’ai jamais, pour ma part, donné de chiffres sur le grand emprunt", a assuré Guaino, alors que 63 députés de la majorité - dont certains ont confié avoir reçu son aval - ont plaidé lundi dans une tribune pour un montant du grand emprunt entre 50 et 100 milliards d’euros. L’Elysée comme Matignon souhaitent qu’il reste dans une fourchette de 20 à 50 milliards.
Les conseillers du président ne font pas partie du pouvoir exécutif
"Il n’y a pas de matière à être agacé par un débat sérieux sur un sujet sérieux (...) Vous regarderez qui sont ces députés, ils ne sont pas manipulables, ils n’obéissent à personne sinon à leur conscience et à leurs convictions", a affirmé Henri Guaino. "Le président de la République a dit entre 25 et 50 milliards. On sera fixés quand il aura pris sa décision avec le gouvernement c’est-à -dire probablement fin novembre ou début décembre. Nous verrons bien", a-t-il dit estimant que ce sera "une décision politique".
On se rappele aussi que lors d’une rencontre avec le groupe UMP mardi dernier, François Fillon s’en est vertement pris a Henri Guaino pour la même raison. La pomme de la discorde ? Une tribune de contestation sur le grand emprunt, signée par une soixantaine de députés de la majorité, et publiée lundi dans Le Monde . Elle aurait été discrètement approuvée par le conseiller spécial du président. Un des signataires du texte, Jean Leonetti, a assuré mardi que cette initiative avait été lancée en liaison avec "des membres de l’exécutif". "Le pouvoir exécutif était totalement en dehors de cette démarche", lui a rétorqué François Fillon, ajoutant : "Les conseillers du président ne font pas partie du pouvoir exécutif !"
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