
Voilà une jeune femme, qui n’a connu la France qu’a l’âge de 12 ans, est devenue ministre de la République à 32 ans, a multiplié les bourdes et les actes d’indiscipline et qui est toujours ministre alors que le président de la République a effectué la moitié de son mandat.
Pour moins que cela, en 1974, le populaire Jean Jacques Servan Schreiber, fondateur de l’Express n’est pas resté plus de 14 jours dans le gouvernement Chirac. « Le turlupin » comme l’appelait le grand Jacques, avait fait part de son opposition à la reprise des essais nucléaires.
La dernière en date de Rama Yade aura été de s’opposer devant les députés à sa ministre de tutelle Roselyne Bachelot sur le droit à l’image collectif des footballeurs. Bien sûr le premier ministre Fillon a une fois de plus fait entendre sa voix de proviseur pour rappeler l’élève Yade à la discipline. Plus insidieusement Nicolas Sarkozy a évoqué la difficulté pour la jeune femme de « s’insérer dans une équipe, quelle qu’elle soit ». Serait-elle « inassimilable » comme l’on dit de certaines immigrations venue du sud ? La question est posée.
Ce qui est plus surprenant c’est que malgré ses incartades la belle Rama est toujours en place. Certes, les pronostiqueurs politiques ne donnent pas chère de sa peau et fixe déjà son départ après les régionales de mars prochain, mais en attendant elle demeure à la barre de son secrétariat d’Etat. Sa ministre, Roselyne Bachelot est prête à jouer auprès d’elle le rôle de grande sœur et déclare l’incident clos.
Par qui remplacer cette « frondeuse » ?
Cette mansuétude dont bénéficie la jeune ministre a une première explication, la popularité dont elle jouit auprès du public depuis de nombreux mois. Elle est la première au baromètre des personnalités politiques devant Kouchner qui tenait pourtant le pompon depuis plusieurs années. Il est toujours risqué de se séparer de ceux que plébiscite le peuple.
L’autre explication tient à sa couleur. Les gouvernements de Sarkozy ont habilement joué de la « diversité », Fadela, Rachida, Rama et aujourd’hui Nora et même Marie Luce sont là pour apporter la touche de couleur qui ressemble à la palette de nuances de la société française. Cela nous change des gouvernements de gauche, celui de Lionel Jospin tout particulièrement qui aveugle aux couleurs ne voyait que le blanc.
Faire un gouvernement, il n’y a là rien d’infamant, quoiqu’on en pense, c’est comme un casting. Sarkozy a choisi Besson parce qu’il avait trahi la gauche, Hortefeux parce que c’était son ami, Alliot Marie pour faire taire les chiraquiens et d’autres encore dont la compétence n’était pas le critère premier de leur désignation. Par qui remplacer la « frondeuse » Rama Yade ? C’est une question que Nicolas Sarkozy devra résoudre au cours des prochains mois. A moins, à moins que le charme de la belle n’opère encore et qu’il décide de la garder ?
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