20 mars 2010
:: France
Rama Yade : Un cas !
Linternationalmagazine.com, publié le 07/11/2009
Il y a vraiment un cas Rama Yade dont on peut penser qu’il restera dans les annales de la politique française.
Rama Yade : Un cas !

Voilà une jeune femme, qui n’a connu la France qu’a l’âge de 12 ans, est devenue ministre de la République à 32 ans, a multiplié les bourdes et les actes d’indiscipline et qui est toujours ministre alors que le président de la République a effectué la moitié de son mandat.

Pour moins que cela, en 1974, le populaire Jean Jacques Servan Schreiber, fondateur de l’Express n’est pas resté plus de 14 jours dans le gouvernement Chirac. « Le turlupin » comme l’appelait le grand Jacques, avait fait part de son opposition à la reprise des essais nucléaires.

La dernière en date de Rama Yade aura été de s’opposer devant les députés à sa ministre de tutelle Roselyne Bachelot sur le droit à l’image collectif des footballeurs. Bien sûr le premier ministre Fillon a une fois de plus fait entendre sa voix de proviseur pour rappeler l’élève Yade à la discipline. Plus insidieusement Nicolas Sarkozy a évoqué la difficulté pour la jeune femme de « s’insérer dans une équipe, quelle qu’elle soit ». Serait-elle « inassimilable » comme l’on dit de certaines immigrations venue du sud ? La question est posée.

Ce qui est plus surprenant c’est que malgré ses incartades la belle Rama est toujours en place. Certes, les pronostiqueurs politiques ne donnent pas chère de sa peau et fixe déjà son départ après les régionales de mars prochain, mais en attendant elle demeure à la barre de son secrétariat d’Etat. Sa ministre, Roselyne Bachelot est prête à jouer auprès d’elle le rôle de grande sœur et déclare l’incident clos.

Par qui remplacer cette « frondeuse » ?

Cette mansuétude dont bénéficie la jeune ministre a une première explication, la popularité dont elle jouit auprès du public depuis de nombreux mois. Elle est la première au baromètre des personnalités politiques devant Kouchner qui tenait pourtant le pompon depuis plusieurs années. Il est toujours risqué de se séparer de ceux que plébiscite le peuple.

L’autre explication tient à sa couleur. Les gouvernements de Sarkozy ont habilement joué de la « diversité  », Fadela, Rachida, Rama et aujourd’hui Nora et même Marie Luce sont là pour apporter la touche de couleur qui ressemble à la palette de nuances de la société française. Cela nous change des gouvernements de gauche, celui de Lionel Jospin tout particulièrement qui aveugle aux couleurs ne voyait que le blanc.

Faire un gouvernement, il n’y a là rien d’infamant, quoiqu’on en pense, c’est comme un casting. Sarkozy a choisi Besson parce qu’il avait trahi la gauche, Hortefeux parce que c’était son ami, Alliot Marie pour faire taire les chiraquiens et d’autres encore dont la compétence n’était pas le critère premier de leur désignation. Par qui remplacer la « frondeuse » Rama Yade ? C’est une question que Nicolas Sarkozy devra résoudre au cours des prochains mois. A moins, à moins que le charme de la belle n’opère encore et qu’il décide de la garder ?

Bernard Derty

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Dernières réactions
Gérard Dupuy
08.11.09 à 15:42
Bernard Derty signe ici encore un article qui témoigne d’une réelle objectivité : oui,car il est vrai que la nomination de Rama Yade au gouvernement était aussi à mettre sur le compte de la sacrosainte obligation d’ouverture à la diversité. Les qualités intellectuelle de Rama Yade, son charme et sa loyauté au candidat président Nicolas Sarkosy ne doivent pas nous faire oublier qu’elle est avant tout une caution politique à la représentation de la diversité. Mais qu’en est-il de la représentation mentale de la "diversité" chez les français "autochtones", et dans l’univers des hommes politiques ?Rama Yade est certe une femme de fort tempéramment (ce qui lui vaut aussi peut être d’être choyée par l’opinion publique française) : elle est surtout un ministre issu de la diversité à qui on reproche d’avoir le toupet d’une approche honnête et critique de l’action politique.
Loyle
08.11.09 à 15:22
ce qui a été dit dans ce commentaire est tellement vrai ! Mais si la couleur ne doit pas être prise en compte dans "l’évaluation" politique des acteurs du gouvernement, je ne peux m’empêcher de rêver au jour où la France aura trouvé son Obama français !L’élection de Barack a eu un caractère tout à fait symbolique, on a bien vu l’émotion des plus grands conquérants de l’égalité entre homme noir et blanc aux Etats-Unis, certains ont même eu la larme à l’oeil. Même si je ne partage pas son bord politique, Rama Yade a au moins le courage d’exprimer son opinion politique quelles qu’en soient les retombées !Et si sa couleur peut ouvrir un peu l’angle de vue de certains français j’en serais ravie !
dinanga2
07.11.09 à 14:54
Quel article ! Dans un pays de droit, où le leitmotiv est "liberté, égalité et fraternité", invoquer les origines de Rama Yade dans ce contexte, tout simplement parce qu’elle exprime des avis opposés à la ligne du gouvernement, et aller jusqu’à évoquer le thème de l’assimilation des africains du sud, alors qu’il s’agit ici d’une question caractérielle d’une jeune personne ; utiliser un cas particulier pour énoncer une critique générale, je trouve cela très répugnant. Se demander pourquoi elle n’est pas virée de son poste peut être légitime. Mais, qu’est-ce que ses origines ont à voir, chers messieurs les démocrates du nord de la planète ? Je m’aperçois, jour après jour, combien l’exercice de la démocratie est ardu, même de la part de ceux qui se proclament comme tels. Messieurs, apprenez à juger la personne de manière individuelle. Vous ferez progresser l’intégration, la tolérance, les libertés, la DÉMOCRATIE.
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