Le 9ème sommet de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) s’est ouvert mardi 24 juin à Yaoundé afin de poursuivre les réformes engagées en vue du renforcement de l’intégration sous-régionale.
Les présidents Paul Biya du Cameroun, Omar Bongo Ondimba du Gabon, Teodoro Obiang Nguema de Guinée Equatoriale, Denis Sassou Nguesso du Congo, François Bozizé de la République Centrafricaine et le Premier Ministre du Tchad Youssouf Saleh Abbas participent au sommet.
A cette rencontre sont également présents le président Fradique de Menezes de Sao Tomé et Principe, pays observateur, et le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, invité spécial.
Le président de la commission de la Cemac Antoine Ntsimi a passé en revue les reformes réalisées en faveur de l’intégration sous-régionale, à savoir, le programme régionale de facilitation du transport et de transit, la promotion de la paix et de la sécurité en zone Cemac, l’organisation du 5e tournoi de football Cemac etc.
Il a exhorté les pays members à renforcer leur unité et solidarité pour que l’Accord de partenariat économique (APE) dont la Cemac s’engage à signer avec l’Union européenne, soient bénéfique pour les population de l’Afrique centrale.
Le président camerounais Paul Biya, président en exercice de la Cemac, a engagé ses pairs à tourner le dos aux discours creux et, de passer immédiatement à l’action en faveur de l’intégration en étant audacieux et ouverts.
"Notre histoire commune dans le cadre de notre intégration régionale est déjà relativement longue mais depuis le début de ce processus, l’environnement mondial a profondément changé", a-t-il déclaré, citant "la crise alimentaire mondiale, la détérioration du pouvoir d’achat, la hausse du cour du pétrole et les troubles qu’elles ont suscité dans divers pays".
"Le mieux être des populations de la sous-région passe par une intégration plus harmonieuse de nos pays dans l’économie mondiale, par un développement plus durable et une réduction plus rapide de la pauvreté, par des progrès en matière de santé et par le maintien de la paix dans l’espace Cemac", a-t-il souligné.
Appelant à transformer l’Afrique Centrale en un pôle d’attraction pour les investissements et les initiatives privées et en un centre d’activité économique compétitif, il a réaffirmé que "la CEMAC entend négocier solidairement avec l’UE un Accord de partenariat économique prenant en compte nos intérêts fondamentaux ".
Prenant la parole à la session d’ouverture, le président de l’Union des patronats d’Afrique centrale (UNIPAC) André Siaka a salué les reformes institutionnelles engagées par la Cemac.
"Le secteur privé sous-régionale salue fortement la décision des chefs d’Etats de la communauté de mettre effectivement en oeuvre le principe de la libre circulation des personnes et des biens, décision prise l’an dernier au sommet de N’Djamena", a-t-il dit.
Le président de l’UNIPAC a souligné que pour soutenir une croissance durable, l’intégration régionale doit se concrétiser par l’existence d’un vrai marché commun et d’une Union douanière confortée par la paix et la sécurité, des politiques sectorielles, macroéconomiques communes et convergentes.
De son côté, le président de la BAD, Donald Kaberuka, a réaffirmé le soutien de son institution à la Cemac.
"Dans le cadre de la stratégie de la Banque, pour la période 2008-2010, le groupe de la Banque africaine vous apportera un soutien significatif environ 1 milliard de dollars", a déclaré M. Kaberuka.
"La région de la Cemac de part ses richesses minière, hydraulique, forestière et humain constitue un énorme potentiel de croissance pour le continent africain", a-t-il rappelé.
"La région a enregistré des progrès significatifs en matière de croissance (...) le Produit intérieur brut a connu une croissance moyenne de près de 8%. Mais, la qualité de cette croissance essentiellement tirée par le boum pétrolier et minier, n’a pas encore entraîné une réduction sensible de la pauvreté", a-t-il remarqué.
Sur la crise alimentaire qui frappe la région, M. Kaberuka a souligné que la croissance agricole africaine tourne au tour de 3% et la BAD a adopté un certain nombre de mesures dont l’augmentation de 1 milliards de dollar du portefeuille de l’agriculture.
La Cemac, lancée en 1994 pour remplacer l’Union douanière des Etats de l’Afrique centrale (UDEAC), est opérationnelle depuis 1999. Les pays membres sont unis par l’Union monétaire à travers la Banque des Etats de l’Afrique centrale BEAC.
Elle est composée de six Etats dans l’espace géographique du Golfe de Guinée (Centrafrique, Gabon Tchad, Cameroun, Congo, Guinée Equatoriale) compte 37,5 millions d’habitants repartis sur 3 millions de km2 riche en produits miniers et forestiers
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