Pour la première rencontre entre l’Afrique-du-Sud et l’Union européenne, il aura surtout été question du Zimbabwe. Fort critiqué pour sa médiation dans ce dossier, le président sud-africain Thabo Mbeki a défendu sa position contestée, ce matin, à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France.
« Personne n’a quitté la table des négociations. Il faut que l’on poursuive nos efforts », a-t-il asséné, alors que l’Union européenne réclamait mardi des sanctions contre le régime de Harare. Une hypothèse balayée par le chef d’Etat sud-africain, pour lequel le conflit au Zimbabwe constitue une affaire strictement africaine. « Nous n’avons jamais demandé à l’Union européenne de faire quoi que ce soit concernant les sanctions », a souligné Thabo Mbeki.
Pas de dialogue avec Mugabe
Nicolas Sarkozy, le président français et président en exercice du Conseil de l’UE, s’est empressé de calmer le jeu. « Nous soutenons la médiation courageuse du président Mbeki, parce qu’il n’y a pas d’autre solution dans l’immédiat, et que nous avons enregistré quelques progrès que nous saluons », a-t-il déclaré en référence au rapprochement entre Robert Mugabe et son rival Morgan Tsvangirai. « Je porte un jugement très sévère sur Mugabe et je ne parlerai pas avec lui », a ajouté le président français.
Faire davantage à l’OMC
Si le Zimbabwe fut un sujet de discussion animé – « la réunion s’est tout de même déroulée dans une bonne ambiance », confiait un diplomate participant au sommet – les autres thèmes abordés ont moins prêté à polémique entre Thabo Mbeki, Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne.
« Dans le cadre des négociations à l’OMC, la mission de l’Union européenne consiste à convaincre le monde d’aider l’Afrique, qui en a le plus besoin, a martelé Nicolas Sarkozy. On veut faire davantage pour ce continent. Non pas parce qu’on est voisins, mais parce que ces pays en ont le plus besoin. » Les Vingt-sept et l’Afrique-du-Sud ont en outre paraphé une déclaration relative à la lutte contre le réchauffement climatique, et une autre sur le développement du secteur privé en Afrique.